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Chroniques d'Oubangui

Sale temps à Bangui

La coordination des Antibalaka a demandé ce mardi 7 octobre à Madame la présidente Catherine Samba Panza de démissionner tant elle s’est montrée incapable en dix mois de règne de remettre la Centrafrique sur le droit chemin et encore mieux de réconcilier ses habitants. Le mardi 8 octobre, Sébastien Wénézoui, coordinateur des AB s’est montré plus menaçant : “Les prochaines 24 heures vont être déterminantes pour la suite des événements, vous allez voir ce que vous allez voir.”[1]

Jeudi 09 octobre 2014, soir

La nuit noire a succédé à une journée triste et grise. Il a plu dans la mi-journée, comme si le ciel pleurait de voir les Centrafricains s’affronter. Voilà deux jours que les balles sifflent, que les hommes se toisent, que les femmes pleurent et que les enfants apeurés se cachent sous des matelas de fortune et se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les détonations des armes lourdes.

C’est à Gobongo, le mardi soir que tout a commencé ou plutôt recommencé. Les versions divergent. Il semble qu’un « Musulman » roulant à moto ait lancé deux grenades sur un groupe de jeunes gens attablés à un Nganda vendant de l’alcool traditionnel[2]. On a compté une huitaine des blessés dont une partie a été soignée dans le service de chirurgie de l’Hôpital général géré par Médecins sans Frontières France. Le motard a été poursuivi, rattrapé puis brûlé vif par la population du quartier Gobongo révoltée par son attaque gratuite. Il n’a pas été conduit vers la Justice, il n’a pas été confié à la Police. Il a été brûlé vif. Son corps calciné a été ramené vers PK5, quartier habité en majorité par des personnes de confession musulmane.

 Le lendemain, le mercredi 8 octobre, on a compté des morts à PK5, des « Chrétiens » tués en représailles ( ?). Leurs corps ont été retrouvés tôt le matin dans la rue. Devant le siège de la Minusca, les jeunes de PK5 ont manifesté pour dénoncer l’inaction des forces internationales[3]. Se déplacer à Bangui est peu à peu devenu difficile après que les chauffeurs-taxi se soient mis en grève pour dénoncer l’assassinat de l’un d’entre eux. Ceux qui avaient pu atteindre leurs lieux de travail ont dû les quitter précipitamment, obligés le plus souvent de rentrer à pied. Plus tard on apprenait que les Antibalaka se préparaient à attaquer PK5. Les habitants de PK5 étaient en alerte, s’attendant à être attaqués dans la nuit.

Des commerces et des maisons ont été brûlés dans les quartiers jouxtant PK5. Régulièrement on a entendu des détonations. Tard dans la nuit, aucune bataille opposant Antibalaka et Musulmans n’a été rapportées. Les tirs entendus seraient finalement dû aux forces internationales qui se seraient interposées.

Jeudi 09 octobre 2014, matin

Le matin du jeudi 9 octobre, Bangui s’est réveillée sonnée. Les rues étaient désertes. Mis à part ceux qui n’avaient pas le choix, les gens ont préféré rester chez eux. Les rues sont désertes. De temps en temps on entend des tirs d’artillerie. Les Antibalaka semblent avoir investi une partie de la ville. Ils ont érigé des barrages. Ils se promènent ostensiblement armés à bord de voitures tout-terrain. Ils semblent déterminés à en découdre. Dans la journée  Gobongo ils n’hésitent pas à tirer sur la Misca qui tentait de démanteler un des leurs check point sauvages créant une grosse frayeur parmi les passants qui tentaient de rejoindre soit leurs domiciles soit leurs lieux de travail. L’atmosphère est tendue dans la ville. On a l’impression d’assister à une véritable insurrection. Et si les Antibalaka étaient en train de mettre leur menace à exécution ? Personne ne peut le dire avec certitude. Le Gouvernement de Madame Catherine Samba Panza est étonnamment silencieux.

 


 

Les ONG internationales présentent sur Bangui restreignent leurs mouvements. D’après une alerte, elles feraient à présent partie des cibles des uns et des autres. La situation globale en RCA est d,autant plus confuse que la branche la plus modérée des Seleka a également demandé la démission de la Présidente Catherine Samba Panza.

En fin d’après-midi, la menace contre les habitants de PK5 se précise : l’attaque aura lieu à 4h00 du matin raconte-t-on un peu partout dans les rues de Boyrabe ou de Combattants, un concert de casserole se fait entendre quelques heures plus tard…

Vendredi 10 octobre 2014, Matin

La nuit a été calme finalement même si un soldat pakisatnais des forces internationales a perdu la vie au cours d’une escarmouche pendant la patrouille. Rien de notable n’a été rapporté du côté de PK 5 ou d’ailleurs. La journée est plus ensoleillée que la veille. On espère que les cœurs seront aussi ensoleillés…

 

Une chose est sûre, seul le dialogue sortira la Centrafrique de ce pétrin. Le Peuple ne doit pas se laisser manipuler par les hordes de politiciens en mal de positionnement politique.

Si la situation actuelle profite à certaines personnes, il ne s'agit certainement pas des Centrafricains!



[1]//www.lanouvellecentrafrique.info/centrafrique-les-anti-balaka-declarent-lassaut-de-bangui-sous-24-heures/

[2]//www.lanouvellecentrafrique.info/centrafrique-bangui-plongee-en-etat-de-guerre-depuis-ce-matin/

[3]//www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141008115755/securite-crise-centrafricaine-anti-balaka-catherine-samba-panza-crise-centrafricaine-centrafrique-manifestations-et-violences-cinq-morts-a-bangui.html



10/10/2014
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