Un mort en plus, un mort en trop...
Un mort en plus, un mort en trop...
Les membres de l’équipage du navire
Island of Luc, battant pavillon panaméen, ont, dans la nuit de lundi à Mardi,
jeté dans les eaux du fleuve Congo, à la hauteur du village Kongolo, non loin
du port SEP Congo à Matadi, 4 Congolais ayant embarqué clandestinement,
rapporte radiookapi.net
Le bateau affrété par l’agence Pacific Trading venait de déposer,
la semaine dernière au port de Matadi, un stock important de riz pour une
société libanaise, indiquent plusieurs témoignages. Les sources affirment que
le forfait est intervenu à trois kilomètres de Matadi dans le Bas Congo. Les
membres de l’équipage ont passé à tabac les clandestins avant des les
précipiter dans les eaux du fleuve. L’un des infortunés qui n'a pu atteindre un
bidon de 5 litres qui était jeté pour qu'il se sauve, s'est noyé. Deux autres
ont eu la vie sauve en s'accrochant aux autres bidons remplis d'air. Ils ont
ensuite été repêchés par des éléments de la Force navale congolaise. Le
quatrième est actuellement dans un centre hospitalier dans un état relativement
inquiétant.
Le ministre provincial de l’intérieur du Bas Congo, David Kuku di
Mayeye, a déclaré qu’une commission d'enquête est mise en place depuis mercredi
dernier pour suivre le dossier. Dans l’entre-temps, le navire est en mouillage
et l’affaire en instruction au parquet de grande instance.
Cette
dépêche publiée sur le site de radio Okapi nous apprend qu’un congolais de plus
a été victime du rêve pour une vie meilleure. L’évolution socioéconomique de la
RD Congo ne semble pas très optimiste. C’est en tout cas le sentiment général
de la population qui n’en peut plus face à l’érosion monétaire, à la
raréfaction des denrées alimentaires et à l’inefficacité des services publics. L’annonce
de l’augmentation récente du prix du carburant à la pompe ne semble pas augurer
des lendemains qui chantent pour les Congolais. On peut donc comprendre que des
jeunes aient envie d’aller voir ailleurs espérant changer leurs destins. A
cette époque de libéralisme et de mondialisation, le lieu de naissance ne devrait
pas être un frein aux ambitions
légitimes de chaque être humain. On ne peut donc pas décemment reprocher à
quelqu’un de chercher à s’expatrier. De ce point de vue, la tendance des
Occidentaux à durcir les lois pour empêcher l’émigration alors qu’ils militent
pour une libre circulation des biens et des personnes au sein de l’Organisation
Mondiale du Commerce est assez révélatrice d’une hypocrisie éhontée.
En
même temps, le fait que de jeunes gens prennent autant de risques pour aller en
Europe est assez révélateur d’un désarroi profond. On peut dire sans risque de
se tromper que 3 jeunes sur 4 veulent partir du Congo pour l’occident, et que
pour une bonne partie d’entre eux c’est leur seul rêve. Comment changer cet
état des choses si la société ne leur renvoie pas des raisons d’espérer.
Un
autre élément important contenu dans cette dépêche est le fait navire amenait
un « stock important » de riz.
C’est l’illustration de la dépendance à la nourriture dans laquelle l’Occident
a peu à peu noyauté les états africains et qui en partie explique l’exode
rurale et la paupérisation de nos sociétés. Cette situation est largement analysée
par Jean Ziegler dans ses ouvrages récents.
En Afrique, après autant d’années de gabegie et de corruption, il faut repartir su bon pied. Tant qu’on aura pas réussi à conquérir notre souveraineté alimentaire, nous ne serons jamais indépendants.

Commentaires
bertrand site : www. grandmaison.over-blog.com | le 31/10/2009 à 23:42:36bon blog!!!